Le phénomène des Bastides

Etymologiquement, le mot “bastida” (bastit, bastia) possède, à l’origine, un sens très large : “construction récente ou en cours, de quelque importance”. Dans le Sud-Ouest, le terme de “Bastide” prend dès le 13ème  siècle le sens de “ville neuve”, peuplement nouveau (“nova bastida”, “nova populatio”). Le phénomène s’étendra en Europe et touchera également des pays comme la Slovaquie, la Silésie, la Prusse, la Poméranie, le Mecklembourg, la Lombardie, la Toscane, le Piémont, la Suisse, la Navarre, le Pays de Galles.

 

 

La création d’une Bastide obéit à des règles géométriques.  Le tracé du parcellaire est encore aujourd’hui la marque la plus originale des Bastides. La ville neuve possède souvent une forme régulière : les rues sont rectilignes, se coupent à angle droit et délimitent des îlots rectangulaires aux parcelles étroites et allongées, la place publique a une valeur monumentale. Elle est encadrée par des couverts aux arcades variées. Lieu d’échanges commerciaux, elle perpétue aujourd’hui encore ses fonctions économiques: foires et marchés continuent de faire battre le cœur des villes !

Cependant, parmi les 350 Bastides qui existent, aucune ne possède le même plan ! Il peut être dicté par la topographie : bastides de hauteur (comme Monflanquin), bastides de rivière (comme Villeneuve sur Lot, Villefranche de Rouergue). D’autres révèlent des tracés symétriques plus ou moins regroupés en modèles régionaux : aquitain (Monpazier), quercinois (Caylus), gimontois (Gimont) et gascon (Mirande).
Le modèle aquitain est le plus nettement défini et le plus élaboré : hiérarchisation des rues, réseau de ruelles, îlots denses, église dans l’angle de la place. Toutes les Bastides du Périgord-Agenais se rattachent à ce modèle.

 

 

 

Les maisons médiévales des Bastides s’ordonnent en une belle régularité le long des rues rectilignes. Elles ne diffèrent guère des constructions de l’époque dans le Sud-Ouest de la France : elles ont été réalisées avec les mêmes matériaux et selon les mêmes techniques ( pierre, bois, torchis…).

Dans ces villes neuves, les édifices communautaires  sont principalement la halle où se tient le marché, l’église, indissociable du paysage médiéval et les fortifications édifiées au fur et à mesure que s’accroît l’insécurité.

 

 

 Pour aller plus loin

Plus d’informations sur les Bastides

 Bibliographie

Patrimoine de Monflanquin (site internet de G. Odo, historien)

 Centre d’Etudes des Bastides